Premier chapitre "entièrement" revisité, remodelé, remixé, etc. en tenant compte de toutes vos critiques, "bof", "fautes !" et j'en passe pour l'améliorer en mieux. Donc voilà j'espère que maman Alex (correctrice avec petits numéros ^^), morenita do meu coraçao, ma "fille", le ti marseillais, ma rélie, ma correctrice privée 1 (avec les petites étoiles), ma soeur-spirituelle-Myst-muse-vampirique-que-j'adore-et-j'arrete-les-surnoms-ici-sinon-demain-j'y-suis-encore, mlle Clange alias Alexandra la super dessinatrice trouvée sur la toile grace à Torkan ^^ , mon autre sister Aurelie,et j'ai du en zapper, seront satisfait ! Reste à savoir si tout ce qui était "lourd", "répétitif" ou "pas assez aéré" a mouru ou pas. Sinon ben...j'y retournerai...un jour...si je meurs pas sous les révisions du Bac Blanc avant... --'
Bonne lecture !Aure
Nymphes & Aqualis
I Sword White : le pensionnat
D'immenses arbres par centaines -peut-être plus- entouraient une vaste
plaine jaunie par la sécheresse d'un précédent été qui s'était abattu sur Sword White. Les feuilles
des imposants sycomores et des érables dansaient dans les rares courants d'air qui faisaient
tressaillir l'herbe totalement sèche. On voyait cependant quelques feuilles vertes et quelques
espaces où la verdure persistait parmi ce tapis jaune. Les minces rayons du soleil traversèrent
soudain la brume qui avait réussi, malgré tout, à s'imposer dans cette belle et étrange aube. Tout à
coup, ils firent étinceler une vitre, puis, plusieurs autres apparurent et soudain un immense château
se révéla, s'exposant de toute sa splendeur dans le paysage.
C'était le pensionnat de Sword White. Il comportait des centaines de vitres, toutes parfaitement
identiques et impeccablement propres. Il y avait aussi deux tours situées à l'Ouest ainsi que deux
autres à l'Est du pensionnat, lui à l'extrémité de la plaine. Le bâtiment paraissait neuf malgré le
lierre qui parcourait ses façades. A quelques endroits les murs étaient recouverts de fissures et
envahis de mousse. Le château était de dos aux grands sapins touffus vert foncé, typiques de
Sibéria. Car c'était dans ce pays montagnard, recouvert d'une épaisse forêt d'érables, que le
pensionnat se trouvait. Il faisait face à un immense lac, paisible et plutôt intriguant avec sa couleur
vert émeraude. C'était comme si l'eau et la terre s'opposaient avec au centre Sword White. Le plus
célèbre château de Sibéria. Le seul encore entier à des kilomètres à la ronde. Celui-ci paraissait
inhabité car les lycéens et les lycéennes qui y demeuraient étaient encore endormis, l'aube se
levant à peine entre les feuilles des arbres. Pourtant, dans la première tour du côté Ouest, celle des
filles, quelqu'un passa devant une fenêtre, furtivement dans la lumière du jour naissant...
Le dortoir des filles était un endroit apparemment banal du pensionnat : la pièce était plongée
dans la pénombre de l'aube fraîche d'automne et les quelques timides rayons solaires qui
traversaient le dortoir ne troublaient pas l'atmosphère paisible et silencieuse d'un samedi matin, en
plein mois de septembre. Les pensionnaires endormies semblaient plongées dans d'agréables
rêves car de temps en temps des sourires se dessinaient sur les beaux visages pâles. Même si
une menace planait sur eux. Sur la Sibéria. On ne voyait que quelques uniformes sur les bords des
lits, sinon l'endroit était d'une propreté soupçonneuse et tout y était à peu près ordonné.
Les quarante-deux lits blancs des filles étaient tous occupés, avec, au-dessus des têtes
ensommeillées des affiches d'acteurs et de chanteurs célèbres ainsi que d'autres objets
personnels comme des photos ou des bijoux posés sur les tables de nuit, près des typiques
réveils marron et noirs de Sword White.
Cependant un unique lit restait vide.
Une énorme valise noire était posée au pied du lit. Elle paraissait surchargée, avec des bosses
de toutes parts et assez usée. On voyait, gravé sur une des sangles qui la serraient tant bien que
mal, un « A » suivit d'une autre lettre effacée, illisible. Le lit n'était même pas défait, on ne voyait
qu'un creux au bord, quelqu'un s'y était sûrement assis. Une veste bleue, simple, avec une
fermeture éclair avait été jetée sur l'oreiller. Sa propriétaire n'était pas dans le dortoir.
Soudain, une ombre informe fit craquer les marches de l'escalier menant au dortoir en question.
Pour ensuite poursuivre son petit bout de chemin en s'allongeant à la lueur des néons. L'ombre
sortit du château.
C'était une jeune fille vêtue d'un jean délavé et d'une veste noire ainsi qu'une capuche qui cachait
son visage. Elle marchait en direction du lac à grandes enjambées. Jusqu'au point de courir droit
devant et de se laisser tomber sur une roche grisâtre.
Aux environs du lac et dans la forêt d'érables -appelée Forêt d'Ambre- aucun bruit ne se faisait
entendre... Le vent emporta dans son élan quelques feuilles aux arbres déjà jaunis par l'automne
qui vinrent se poser délicatement sur la surface du lac des milles et un mystère. C'était de cette
façon que les élèves du pensionnat de Sword White l'appelaient, sans doute à cause des chevaux
sauvages qui viennent y boire son eau glaciale ou encore aux étranges formes noires que les
reflets des érables et des sycomores dessinent parfois à sa surface plane.
Tout à coup, comme transporté par la puissance du vent, un faible tintement se fit entendre. Une
fine chaîne d'or tomba sur la rive du lac où se tenait Sword White. Sur la roche où son écho résonna
encore durant quelques secondes. Avant que la jeune fille ne la ramasse vivement. Juste avant que
son capuchon noir ne tombe et ne laisse apparaître son visage...
De longs cheveux châtain clair qui suivaient les mouvements du vent, un visage pâle, une bouche
ainsi que des oreilles fines et un nez comme un autre mais des yeux comme personne... Des yeux
en amande d'un vert très original qui faisaient toute la beauté d'Aure Bellucina. La nouvelle venue
dans le lycée. Elle était assise face au lac, contre le chêne de l'amour qui délimitait la frontière entre
l'étendue d'eau et l'étendue de verdure. Ses longues jambes à demi repliées contre elle laissaient
deviner qu'elle était plutôt grande et son visage qu'elle semblait calme, sereine. La jeune fille serra
la chaîne dans ses mains et ferma les yeux tandis que les feuilles et les fruits d'érables
tournoyaient autour d'elle, sans se douter, qu'à l'autre bout du lac, quelqu'un l'observait derrière les
sycomores...
Aure retraça dans sa mémoire tous les événements de ces derniers jours qui avaient fait de sa
vie un perpétuel enfer. Elle repensa à la raison pour laquelle elle était arrivée à Sword White. Elle
pensa à la Sibéria qui était devenue le pays le plus dangereux du monde. Et elle pensa aux Herts et
à ses parents. Aux Herts...
Wonda et Balthazar étaient les parents d'Aure, les plus célèbres chercheurs biologiques de toute
la Sibéria, les deux personnes sans doute les plus appréciées dans tout le pays... Et qui avaient
disparu en emportant tous les espoirs de vaincre les Herts avec eux.
C'était il y a treize jours, un dimanche matin comme un autre. Les Bellucina avaient fait leurs
valises en un temps record pour une destination imprécise. Wonda et Balthazar avaient seulement
dit à leur fille qu'elle allait enfin connaître des personnes de sa famille et Aure n'avait pas insisté.
Surtout pas. Elle n'avait encore jamais rencontré les autres membres de sa famille. Elle en avait
été tenue éloignée depuis...toujours. Quand elle avait demandé à sa mère les raisons de ce
mystère, celle-ci avait vaguement évoqué une querelle à sa naissance. Et une perte de contact. Rien
que ça. Elle n'en avait jamais tiré plus que cela. Pourtant, une fois, sa mère lui avait promis qu'elle
finirait par les rencontrer dans peu de temps. Une promesse qu'elle avait gardée précieusement en
mémoire. Et le moment était arrivé. Inattendu et précipité. Les bagages avaient été faits très
précipitamment et avaient été posés tous les trois au pied de la barrière blanche qui délimitait le
terrain de leur maison. Puis le ciel s'était couvert de nuages couleur charbon. Les cheveux blonds et
courts de Wonda avaient semblé briller dans l'obscurité grandissante et ses si magnifiques yeux
bleus avaient trahi une peur soudaine. Son père, grand, aux yeux et aux cheveux bruns n'avait lui
non plus pas réussi à dissimuler un sentiment de même nature. Lui, d'habitude si fort, si courageux
et inébranlable avait été tout simplement effrayé. Mais de quoi ? Et depuis quand avaient-ils peur de
l'orage ? Aure avait alors aperçu une épée attachée à la ceinture de Balthazar, furtivement, et
l'instant d'après l'image avait disparu aussi vite qu'un mirage... Depuis quand et en quel honneur
son paternel maniait-il l'épée, en plein âge technologique en plus ? Des questions pour lesquelles
elle n'avait que des réponses folles avaient alors heurté son esprit... Le pire sans doute pour elle
fut quand ses parents se mirent à parler dans une langue qui lui était inconnue et qu'au lieu de
retourner à l'intérieur s'abriter de la pluie qui menaçait de tomber, ils restaient là, bêtement, dehors,
à parler. Non, le pire fut quand Wonda s'était tournée vers elle, les yeux brillant d'une curieuse lueur
qu'Aure ne lui connaissait pas et que celle-ci lui avait demandé, d'une voix neutre, d'aller lui
chercher des branches d'olivier royal, tout ça le plus naturellement du monde. Aure s'était alors
sentie totalement désorientée. Désorientée et perdue. Avec en prime la très très désagréable
sensation de ne plus connaître ses parents. Elle avait évidemment protesté. Et ce qui s'en était
suivi avait fini de la déstabiliser complètement. Son père l'avait prise dans ses bras et lui avait
demandé de lui pardonner pour tout, qu'il l'aimait aussi et qu'elle comprendrait plus tard. Mais Aure
ne voulait pas se montrer compréhensive. Pas du tout. Elle voulait rester avec ses parents, elle
voulait soit quitter ce lieu soit retourner illico presto à l'intérieur. Ce fut ensuite au tour de sa mère.
Wonda la prit également dans ses bras, lui dit exactement les mêmes choses que son père mais
aussi qu'elle devait être forte, courageuse, et ne lâcher sa branche d'olivier royal sous aucun
prétexte. Aure n'aimait pas du tout mais du tout cela. Ça ressemblait beaucoup trop à des adieux.
Un peu trop à son goût. Ses parents avaient les larmes aux yeux. Wonda l'avait poussé en direction
des oliviers mais Aure n'avait pas bougé pas pour autant. Pas du moindre millimètre. Un court
instant, elle avait défié sa mère du regard. Autant essayer de comprendre ce que dit le mouvement
des vagues sur l'océan. En pleine tempête. Aure avait été pire qu'effrayée, elle avait été tétanisée
par leur attitude et les regardait toujours jusqu'au moment où la pluie avait éclaté soudainement.
Alors, elle s'était retournée vivement, sans un regard en arrière et s'était mise à courir en direction
des oliviers. O.k., ils la voulaient cette satanée branche et bien ils allaient l'avoir... Se maudissant
intérieurement, elle avait accéléré son allure, pensant revenir tout de suite. Parvenue près des
oliviers, elle s'était agrippée à la branche du premier Olivier Royal, s'était hissée au c½ur de l'arbre
avec souplesse et en avait arraché quelques branches dont les feuilles vertes et argentées
s'étaient mises à vibrer violemment à cause du vent. Elle s'était alors apprêtée à sauter de l'arbre
quand un bruit métallique était parvenu à ses oreilles. Un éclair avait ensuite illuminé le ciel et la
foudre avait frappé tout près de sa maison, bien trop près. Elle avait sauté de l'arbre et avait amorcé
un mouvement pour sortir de la forêt quand quelque chose avait bougé près d'un érable, à
quelques mètres seulement d'elle. Des Herts. Elle avait étouffé un cri de panique. Les Herts,
guerriers en armures noires, étaient des envahisseurs qui avaient brûlé, grâce à leurs épées, la
moitié de la Sibéria. Ils avaient semé la terreur et la panique partout où ils étaient passés. Les pires
ennemis de la Sibérie et personne n'avait trouvé le moyen de les anéantir. Ils résistaient à tout, aux
balles, aux bombes...aux armes les plus destructrices, mortelles, possibles et imaginables. Mais
ils craignaient néanmoins une seule chose : l'eau. Sans doute parce qu'ils sortaient tout droit des
volcans, à l'Est de la Sibéria. Aure avait été paralysée par la peur. Ils allaient la trouver et la tuer.
Tout simplement. Elle avait alors essayé de retourner dans l'arbre ou de sortir et d'aller prévenir ses
parents mais son cerveau avait refusé d'obéir. A cet instant précis, Aure avait eu un déclic. Ses
parents. Elle en avait oublié les pas lourds des Herts en train de s'approcher et s'était mise à courir
droit devant, sans s'arrêter. Elle avait émergé de dessous les oliviers et ce qu'elle avait vu l'avait fait
courir encore plus vite. Sa maison était en cendres. Elle avait été totalement rasée et était encore
fumante. Comme si on l'avait fait exploser. Les Herts étaient déjà passés avant elle. Elle était
arrivée trop tard. Il n'y avait plus rien ni personne. Seulement les décombres, les gravas et les
débris de ce qui fut jadis une habitation... Sa valise aussi. Elle avait couru vers elle comme dans
l'espoir d'y trouver ses parents miniaturisés à l'intérieur. Mais tout ce qu'elle y avait trouvé était la
chaîne de Wonda. Une fine chaîne d'or d'où pendait un pendentif d'argent incrusté d'une unique
pierre bleue. C'était un cadeau de mariage qu'on avait offert à sa mère. Celle-ci y tenait
énormément. Aure l'avait ouvert et avait regardé la photo de sa famille dissimulée à l'intérieur :
Wonda, Balthazar et Aure qui souriaient encore. Elle avait éclaté en sanglots, ce qu'elle avait tant
redouté venait de se produire. Les Herts venaient de lui retirer ce à quoi elle tenait le plus. Ensuite,
sans signe avant-coureur, elle s'était évanouie et ne s'était souvenue de rien, ses branches d'olivier
et sa chaîne dans ses mains. Elle ne s'était réveillée que douze jours après où, comme dans un
rêve, elle avait demandé aux médecins de l'hôpital de Saint-Bernard de l'amener à Sword White. Le
lycée où ses parents avaient fait leurs études biologiques. Selon elle, c'était la seule chose à faire.
Voilà ce qui s'était passé. Wonda et Balthazar Bellucina avaient disparu. Ils étaient morts en
laissant derrière eux leur unique fille.
[ VERSION DEFINITIVE LE 15 SEPT 2007 A 18H34 ;) ]